08/05/2026
Déplacement du marché : les commerçants non sédentaires tirent la sonnette d’alarme
Les commerçants non sédentaires de Martigues expriment leur vive inquiétude face au retour du débat concernant l’éventuel déplacement du marché de Jonquière vers le Cours. Derrière cette décision, qui peut sembler purement organisationnelle, se trouvent des femmes et des hommes dont toute la vie professionnelle, familiale et financière dépend directement de leur activité sur les marchés.
Les commerçants non sédentaires sont des commerçants à part entière. Parmi eux, on compte des paysans qui consacrent plusieurs mois de travail acharné, d’investissement et de prise de risques avant même d’arriver à la récolte et à la vente de leurs produits. D’autres sont des artisans qui fabriquent eux-mêmes leurs créations, avec un savoir-faire, du temps et des coûts de production importants.
Contrairement à certaines idées reçues, leur activité nécessite souvent des investissements particulièrement lourds : achat de camions, remorques, frigos professionnels, rôtissoires, étals, matériel de stockage et de conservation… Des équipements indispensables dont le coût représente souvent des dizaines de milliers d’euros, financés par des crédits importants. À cela s’ajoutent les emprunts immobiliers pour se loger, les charges quotidiennes, et la responsabilité de faire vivre leur famille et nourrir leurs enfants.
Leur métier est également soumis à des contraintes que peu d’autres professions affrontent au quotidien : intempéries, mistral, pluie, froid, chaleur, variations de fréquentation, hausse du carburant, inflation, conjoncture économique difficile. Chaque journée de marché est une bataille contre des éléments qu’ils ne maîtrisent pas.
Dans ce contexte déjà fragile, remettre régulièrement sur la table l’hypothèse d’un déplacement du marché génère une profonde instabilité. Cette incertitude pèse lourdement sur des professionnels qui ont besoin de visibilité pour organiser leur activité, fidéliser leur clientèle et sécuriser leurs investissements.
Les commerçants non sédentaires demandent simplement d’être considérés avec le même respect et la même reconnaissance que tout autre commerçant. Derrière chaque stand, il y a une entreprise, des emplois, des familles et souvent toute une vie de travail. Toute réflexion sur l’avenir du marché doit impérativement prendre en compte cette réalité humaine, économique et sociale.