11/02/2026
Tout est expliqué… malheureusement 🥺
On aimerait pouvoir rester sereins devant notre fille et lui dire que tout ira bien…
Cette innocence, ce sourire jusqu’aux oreilles en voyant ce « maaaaagnifique arc-en-ciel »…
On aimerait être aussi remplis d’espoir et de bienveillance qu’elle.
Mais la réalité est tout autre.
Notre passion, nos vaches, notre ferme, notre production laitière sont en péril.
Aujourd’hui, notre lait est payé 50 centimes le litre.
Mais de qui se moque-t-on ?
De nous. Des éleveurs passionnés, bourrés de travail, présents 14 heures par jour dans nos étables. Oui, clairement, on se moque de nous.
50 centimes, ça représente quoi ?
Vous payez votre litre de lait environ 1.40 CHF à la Migros.
Autrement dit, vous achetez votre brique près de 3 fois plus cher que ce qu’on nous le paie.
Simplement pour le collecter à la ferme, le pasteuriser et le mettre dans du carton.
Vous trouvez ça juste ?
Nous, non.
Mooh nous paiera ce prix-là jusqu’au mois de juillet.
Et on entend déjà :
« Oh, mais ça vous change quoi quelques centimes de plus ou de moins ? De toute façon, vous touchez des paiements directs… Toujours en train de se plaindre, ces paysans. »
Eh bien détrompez-vous.
Les paiements directs évoluent très peu et sont même en baisse d’année en année.
Et franchement ? On ne demande qu’une chose : pouvoir s’en passer.
Se passer de remplir des centaines de formulaires,
de répondre à des normes décidées par des gens qui n’ont jamais mis les mains dans la terre — ou dans la m***e.
Tout est organisé pour que nous n’ayons rien à dire. Juste à subir.
Pendant que Migros et Coop décident de tout et s’en mettent plein les poches, nous, agriculteurs, survivons à peine, en dessous de notre prix de revient.
Sur notre exploitation, 1 centime de plus par litre représente 7'000 CHF par année.
Nous produisons environ 700’000 litres de lait par an, avec 60 vaches et un robot de traite.
Nous vous laissons faire le calcul :
il nous manque au minimum 15 centimes par litre.
Cela représente 105’000 CHF par année.
Plus de 8’000 CHF par mois.
Nous perdons de l’argent chaque jour, tandis que les charges, elles, ne baissent pas.
En plus de ça, on nous impose un quota mensuel.
Si le quota n’est pas atteint → pénalité.
Et oui, nos vaches sont des êtres vivants, pas des robinets à lait.
On ne peut jamais prévoir exactement le nombre de litres produits. Cela dépend des fourrages, de la météo, des facteurs naturels…
Si on dépasse le quota → le lait est payé 20 centimes le litre.
Traire du lait à 20 centimes…
là, ce n’est plus se moquer de nous.
C’est nous enterrer avec nos vaches.
Alors aujourd’hui, on fait appel à vous.
Nous avons une cabane de vente directe qui fonctionne grâce à une clientèle fidèle et bienveillante. Merci infiniment à vous ❤️
Nous vendons notre lait 1 CHF le litre.
Lait cru, directement du tank.
Plus frais, c’est impossible.
Interrogez vous sur le rôle des grands distributeurs qui, pardonnez-nous l’expression, se foutent de notre gu**le —
autant de la vôtre, consommateurs, que de la nôtre, producteurs.
Allez dans les fermes de vos villages.
Renseignez-vous. Achetez local.
Payez un prix juste, pour tout le monde.
Oui, ça demande de changer certaines habitudes.
On a tous une vie à 100 à l’heure.
Mais s’il vous plaît :
Sauvez-nous.
Sauvez votre nourriture de demain.
Soutenez une agriculture locale, respectueuse des normes, respectueuse de la santé, respectueuse de la terre.
Notre avenir est en jeu.
Et vous, consommateurs, avez une grande part du choix.
Merci de nous avoir lus.
Merci de partager 🙏