16/03/2022
Insomnie et troubles du sommeil, le CBD, nouvel eldorado des insomniaques ?
Entre le travail, les transports et le stress, éteindre le cerveau après une longue journée peut s'avérer être une tâche très difficile. Si vous souffrez d’un rythme de sommeil irrégulier et même de troubles du sommeil comme l’insomnie, le CBD pourrait bien devenir votre nouveau compagnon nocturne privilégié.
Comment marche le sommeil ?
Un tiers de la vie d’un être humain est consacrée à dormir mais le sommeil est indispensable à l'organisme. Il se caractérise par une diminution de l'activité du cerveau et s’accompagne d’une baisse des fonctions de l’organisme (respiration, activité du cœur…).
Il existe deux types de sommeil : le sommeil lent et le sommeil paradoxal. Durant la phase de sommeil lent (d'abord léger, puis profond), la personne va s'endormir de plus en plus profondément et toutes les fonctions du corps vont ralentir. Puis va survenir la phase de sommeil « paradoxal » : bien que la personne soit toujours profondément endormie, l'activité du cerveau augmente et la personne s’agite dans son lit : c'est la phase des rêves.
Ces 2 phases constituent un cycle de sommeil qui dure environ une heure et demie. Une nuit de sommeil est composée de trois à cinq cycles, selon les personnes et leur âge.
Quelle est la durée du sommeil en fonction de l'âge ? En moyenne, un adulte dort entre sept et huit heures par nuit. Toutefois, il y a des variations importantes d'une personne à l'autre avec des « petits » et des « gros » dormeurs.
Ces différences sont sous le contrôle des gènes et peuvent se modifier avec l'âge. D’autre part, le rythme et les habitudes de sommeil vont bien sûr s'adapter aux diverses obligations (familiales ou professionnelles).
Recommandation de la National sleep foundation (NSF)
- pour les nouveaux-nés (moins de 3 mois) de dormir entre 14 et 17 h par jour
- pour les nourrissons (entre 4 et 11 mois) de dormir entre 12 et 15 heures
- pour les bambins (entre 1 et 2 ans) de dormir entre 11 et 14 heures
- pour les enfants de moins 5 ans de dormir entre 10 et 13 heures
- pour les écoliers (entre 6 et 13 ans) de dormir entre 9 et 11 heures
- pour les adolescents (entre 14 et 17 ans) de dormir entre 8 et 10 heures
- pour les jeunes adultes (entre 18 et 25 ans) de dormir entre 7 et 9 heures
- pour les adultes (entre 26 et 64 ans) de dormir entre 7 et 9 heures
- pour les seniors (de plus de 65 ans) de dormir entre 7 et 8 heures
Ce sont des durées idéales moyennes, mais la durée idéale d'une nuit de sommeil est donc celle qui donne le sentiment d'être en forme le lendemain matin.
A quoi sert le sommeil ?
Le sommeil est une fonction essentielle indispensable à la vie dans toutes les espèces animales. Il est présent depuis l'apparition de la vie sur Terre et même les premiers êtres unicellulaires avaient une horloge interne qui leur permettaient une alternance repos/activité. Malgré cela, les fonctions précises du sommeil restent encore à définir.
Durant le sommeil, plusieurs processus physiologiques s’accomplissent dans le corps : les muscles se reposent, la pression artérielle et la fréquence des battements du cœur diminuent, les tissus du foie et des muscles se régénèrent, la sécrétion des hormones de croissance est la plus élevée... Toutes ces variations obéissent à un cycle chronobiologique de 24 heures et sont articulées autour du sommeil. Le cerveau profiterait aussi du sommeil pour consolider la mémoire et éliminer ses « déchets ».
Toutes les fonctions du corps, en dehors de celles du cerveau, pourraient se produire en absence de sommeil bien que probablement de manière moins efficace. En revanche, le sommeil est absolument indispensable pour le bon fonctionnement du cerveau. Au-delà de l’élimination des déchets, qui pourrait se faire par une sorte de système lymphatique spécifique, et surtout actif pendant le sommeil, les études les plus récentes suggèrent que le sommeil joue un rôle-clé dans l’établissement et la consolidation des connexions entre les cellules nerveuses (les neurones).
Cette optimisation de la « connectivité neuronale permettrait non seulement de consolider la mémoire par le renforcement des circuits neuronaux, mais faciliterait également « l’oubli » en éliminant les interactions indésirables.
L’insomnie :
Il existe deux types d’insomnie selon la classification internationale des troubles du sommeil :
L’insomnie aiguë transitoire, prendre plus de 30 minutes pour s’endormir, ou passer plus de 30 minutes éveillé au milieu de la nuit, avec une durée de sommeil inférieur à 6 heures 30 par nuit représente un problème d’insomnie c’est l’insomnie aiguë transitoire. Ainsi, 73% des Français sondés par GEO Sciences en 2018 ont confirmé se réveiller au moins une fois par nuit, à l'occasion d'interruptions de sommeil, de 10 à plus
L’insomnie chronique, elle reprend les mêmes critères que l’insomnie aiguë mais elle dure plus de trois mois.
Ces 2 types d’insomnies peuvent s’accompagner de signes associés :
• des paresthésies dans les jambes (fourmillements, brûlures, agacements) qui vont gêner considérablement la personne lorsqu'elle se couche dans son lit, l'obligeant à se relever, à marcher. Elle a besoin de se doucher les jambes avec de l'eau froide, ou de se les frotter vigoureusement. En cas d'éveils nocturnes les mêmes manifestations se reproduisent,
• des mouvements périodiques des jambes que le patient ne ressent pas mais qui peuvent gêner considérablement le conjoint,
• une respiration irrégulière ou un ronflement (intérêt de l'interrogatoire du conjoint).
En plus des symptômes nocturnes, on retrouve des symptômes diurnes, c’est-à-dire qui surviennent la journée, comme une fatigue ou une somnolence excessive. La perturbation de sommeil survient malgré une opportunité et des circonstances de sommeil adéquates.
Les causes, peuvent être organiques :
Le syndrome des jambes sans repos : insomnie d'endormissement, paresthésies dans les jambes au moment du coucher (sensations de brûlures, d'agacements, de picotements) qui obligent à se lever, à marcher, à se rafraîchir les jambes sous la douche...impatiences dans les jambes pendant la journée.
Les mouvements périodiques nocturnes : souvent associés au syndrome précèdent, peut exister à tous les âges, mais augmente de fréquence avec l'âge, secousses cloniques périodiques touchant préférentiellement les jambes qui réveillent parfois le patient mais surtout le conjoint. Elles surviennent par périodes au cours de la nuit au rythme d'un mouvement toutes les 20 à 40 secondes.
Le syndrome d'apnées du sommeil : Dans le cas d'insomnies isolées les apnées sont essentiellement centrales (par défaut de commande des centres respiratoires). Le ronflement est rare ou peu marqué, la fatigue importante le matin, des troubles de la mémoire et de la concentration pendant la journée.
Les autres causes :
Environnementale : (bruit, chaleur..), des erreurs d'hygiène de vie (activité trop intense le soir, abus de café ou d'alcool), un rythme imposé inadéquat (travail de nuit ou en équipes), une maladie organique associée perturbant le sommeil (asthme, angor, ulcère gastro-duodénal, reflux gastro-oesophagien...) ou bien encore la prise de médicaments excitants.
Psychologique ou psychiatrique (50 a 80 % selon les études) :
Dépression : I ‘insomnie touche principalement la seconde partie de la nuit, goût a rien, obligation de se forcer pour faire la moindre chose, isolement, repli sur soi, irritabilité et agressivité.
Anxiété (grande pourvoyeuse d'insomnie) : Insomnie d'endormissement essentiellement.
Psychiatrique : l'insomnie peut faire partie d'une névrose grave ou une psychose. Elle peut être chronique ou transitoire, mais là encore, elle est souvent liée à une anxiété.
Psychophysiologique (15 à 20% des insomnies) : Elle apparaît sans cause évidente mais suite à une insomnie dont la cause est repérable : stress psychologique important, travail à horaires décalés. Elle se traduit par la peur de ne pas dormir, une tension ou une anxiété au moment du coucher des endormissements spontanés lorsque le sommeil n'est pas recherché (devant la télé...), l'impossibilité de faire une sieste pour récupérer... C’est un conditionnement négatif qui se traduit par une activation des systèmes d'éveil dès que la personne se met au lit.
Quels sont les traitements classiques ?
• Les techniques comportementales et la relaxation
• Restaurer une bonne hygiène de vie
• Le contrôle du stimulus (renforcer le signal : lit = sommeil)
• La restriction de sommeil
• Approche chronobiologique (renforcer les messages qui permettent une bonne synchronisation de l'organisme)
• Les médicaments (les classes de médicaments sont utilisées pour leurs propriétés hypnotiques)
• Les psychothérapies
• Le CBD pour bien dormir et bien vivre
Le CBD est un des 144 cannabinoïdes que l’on peut retrouver dans le chanvre (nom latin du cannabis). Contrairement au THC, une autre molécule qui peut aussi être présente dans cette plante, le CBD ne propose pas d’effets psychotropes. Il ne modifie donc pas la conscience ou la perception. Issu du chanvre industriel européen, que l’on cultive en Europe depuis des milliers d’années, le CBD est de plus en plus étudié et utilisé à travers le monde.
Le CBD agit sur tout le corps, c’est une molécule qui aide principalement contre la douleur, le stress et les problèmes de sommeil. Il joue le rôle de régulateur auprès des récepteurs du système cannabinoïde endogène (CB1 et CB2), eux-mêmes agissant sur le système nerveux et immunitaire.
Système endocannabinoïde
Il existe deux types de récepteurs endocannabinoïdes :
CB1 est présent dans le système nerveux central et périphérique, aussi bien dans les cellules nerveuses que dans les cellules gliales ;
CB2 se trouve dans des cellules du système immunitaire.
CB1 et CB2 sont des récepteurs couplés aux protéines G.
Les ligands endogènes
Parmi les endocannabinoïdes endogènes pouvant se lier aux récepteurs cannabinoïdes, se trouvent l'anandamide (ou arachidonoyléthanolamide) et un ester d'acide gras : le 2-AG (ou 2-arachidonoyl glycérol). Ce sont tous les deux des composés lipidiques qui peuvent être considérés comme des neurotransmetteurs.
Comme tous les cannabinoïdes, le CBD ou Cannabidiol influe sur le système endocannabinoïde. Il représente un ensemble de récepteurs que l’on peut retrouver partout dans notre organisme et il régit les différents facteurs d’équilibre du corps humain : température, acidité, minéraux, etc...dans le but d’atteindre l’homéostasie.
Les études :
Etudes publiées en 2008 par des chercheurs du Département de Médecine interne et de Gastro-entérologie, Endocrinologie de l’Université de Bologne, et une autre parue en 2017 (Département d’Immunologie de l’Ecole de Médecine – Université du Connecticut) le CBD influe sur le corps en rétablissant “l’homéostasie de l’organisme”. C’est-à-dire qu’il permet de rétablir l’équilibre de la température, de l’acidité, du taux de sucre.
Etudes de 2019 menée par des chercheurs en neurobiologie de plusieurs universités, canadienne, américaine, italienne. Le CBD stimule également la production de sérotonine, que l’on appelle l’hormone du bonheur : elle régule l’humeur, le sommeil et le stress. Ces effets ont été mis en lumière par une Ils ont montré que le cannabidiol module la transmission sérotoninergique et supprime à la fois l’allodynie et le comportement anxieux en cas de douleur neuropathique.
Etude sur l’activité de CBD :
Une étude croisée comparant le CBD au nitrazépam a révélé qu'une dose élevée de CBD à 160 mg augmentait la durée du sommeil.
L'activité du CBD provoque une libération d’endorphine induite en partie par l’anandamide agissant sur les récepteurs CB1, provoquant des effets anxiolytiques sur le corps.
L'activité du CBD au niveau des récepteurs 5-HT 1A peut conduire à des avantages neuroprotecteurs, antidépresseurs et anxiolytiques, bien que le mécanisme d'action par lequel le CBD diminue l'anxiété ne soit toujours pas clair
L'administration de CBD par différentes voies et l'utilisation à long terme de 10 mg / j à 400 mg / j n'ont pas créé d'effet toxique sur les patients.
Résultat d’une autre étude sur une série de patients utilisant du CBD pour le traitement de l'anxiété ou des troubles du sommeil dans un contexte de pratique clinique.
L'âge moyen des patients souffrant d'anxiété était de 34 ans (intervalle = 18–70 ans) et de 36,5 ans pour les patients souffrant de troubles du sommeil (intervalle = 18–72 ans). La plupart des patients avec un diagnostic d'anxiété étaient des hommes (59,6%, 28/47), tandis que davantage de patients souffrant de troubles du sommeil étaient des femmes (64,0%, 16/25). Les 72 patients ont effectué des évaluations du sommeil et de l'anxiété au début du traitement au CBD et au premier suivi mensuel. Au deuxième suivi mensuel, 41 patients (56,9%) sont restés sous traitement CBD et ont terminé les évaluations ; 27 patients (37,5%) sont restés sous traitement CBD lors de la troisième évaluation mensuelle.
Lors de la première évaluation mensuelle après le début du traitement au CBD, 79,2% (57/72) et 66,7% (48/72) de tous les patients ont observé une amélioration de l'anxiété et du sommeil.
Deux mois après le début du traitement au CBD, 78,1% (32/41) et 56,1% (23/41) des patients ont signalé une nouvelle amélioration de l'anxiété et du sommeil, respectivement, par rapport à la visite mensuelle précédente.
Mode d’administration
La vaporisation est idéale pour obtenir des effets instantanés en assimilant rapidement les cannabinoïdes, les huiles libèrent les cannabinoïdes plus lentement, les effets arrivent donc plus t**d mais restent plus longtemps.
Conclusion :
En conclusion, on dénombre une dizaine d’effets positifs ou d’avantages du CBD pour la santé humaine, et surtout peu d’effets secondaires, ce qui rend son utilisation intéressante pour la médecine. D’autres études devraient voir le jour dans les prochaines années, nous avons encore probablement beaucoup de choses à découvrir à propos de cette molécule.